Ethique & Entreprise


Eduquer les enfants à l’entrepreneuriat ?
avril 30, 2009, 10:01
Filed under: entrepreneuriat social

Longtemps assimilée à de la génération spontanée, et laissée, de ce fait, au hasard, des parcours individuels, la formation des nouveaux entrepreneurs se veut de plus en plus un acte volontaire, donc bien préparé et mené de manière scientifique, voire quasi industrielle. C’est là la vision qui sous-tend le dernier rapport du «Forum Economique Mondial» intitulé «éduquer la nouvelle vague d’entrepreneurs».
Partant du postulat qu’il y a «un entrepreneur qui sommeille en chacun de nous», les auteurs de ce rapport ont l’ambition d’aider à «débloquer les capacités entrepreneuriales afin de relever les défis globaux du 21ème siècle».

Se référant à des enquêtes menées dans divers milieux culturels, le document réitère que «le potentiel entrepreneurial est en nous tous» et que les jeunes en particulier «couvent de fortes bien que latentes tendances» dans ce domaine. Toutefois, l’extériorisation de ce potentiel qui ne demande qu’à exploser bute contre un énorme obstacle : l’éducation.

En effet, d’après les auteurs du rapport, «les structures et la manière de dispenser l’éducation de masse contrarient souvent, et dans la plupart des pays, l’impulsion entrepreneuriale des jeunes». Mais c’est seulement depuis deux décennies que «des pays aux quatre coins du monde ont commencé à reconnaître l’échec de leurs systèmes à éduquer les jeunes à créer, et non simplement à répondre aux opportunités économiques», constate le rapport.

Plus grave encore est le phénomène de l’abandon scolaire qui affecte «un nombre désastreusement élevé d’étudiants, avec les problèmes sociaux et économiques qui en découlent».

Cette situation est-elle réversible ? En tout cas, les auteurs du rapport ne sont pas loin de le penser, qui ont perçu une «faim pour identifier, analyser et mettre en œuvre des pratiques permettant au système éducatif de favoriser l’entrepreneuriat dès les premières étapes de l’éducation d’un individu». Pour apprendre aux individus «à prendre la responsabilité de leurs avenirs», le rapport propose que chaque système scolaire assure une formation entrepreneuriale. Et pour rendre cela possible, les auteurs pensent que «le changement doit d’abord se produire dans les systèmes publics d’éducation et de développement des jeunes»; raison pour laquelle ils déclarent adresser leurs recommandations aux décideurs politiques.

A ces derniers, il est notamment demandé de favoriser la croissance d’un «écosystème entrepreneurial (…) libérant les aptitudes créatives innées des jeunes» et constituant, de ce fait, «la meilleure base pour une croissance économique durable et équitable».

Poussant le bouchon plus loin, le rapport va jusqu’à décréter «un droit des jeunes à une éducation entrepreuneuriale», car «chaque individu a le droit d’être exposé aux concepts de propriété, à la possibilité d’y accéder, et à la pensée créatrice de richesses». Une manière pour l’individu de s’auto-réaliser tout en contribuant au «bien commun», l’entrepreneuriat étant «un moyen pour les jeunes de bâtir des valeurs pour les autres» et «de renforcer le bien-être social».

Toutefois, avertit le rapport, personne d’autre ne doit s’approprier la nouvelle valeur créée, car elle appartient au créateur.



Pour un statut spécifique à l’entrepreneuriat social
avril 28, 2009, 7:27
Filed under: entrepreneuriat social | Mots-clefs: ,

Plusieurs acteurs du forum Convergences 2015, sur le développement et la microfinance à Paris le 30 avril, ont initié une réflexion sur l’opportunité de créer en France un régime spécifique pour l’entreprise sociale et solidaire. Un groupe de travail a été formé et se réunira pour la première fois le 28, deux jours avant le forum.

C’est il y a quelques jours, à l’occasion d’une réunion préparatoire à un cours de la nouvelle chaire « social business » de HEC que l’idée a été lancée. Arnaud Poissonnier, administrateur d’Acted (et président de ABC Microfinance) a proposé un groupe de travail visant à la création d’un régime spécifique pour l’entreprise sociale.

Etaient notamment présents Christine Rodwell, coordinatrice des cours sur le financement du social business de la chaire HEC (et directrice de Reporters d’espoir), Arnaud Mourot, patron d’Ashoka France et Emmanuel Marchant de Danone Communities… « Tous ont adhéré de suite au projet, Christine devrait piloter le groupe qui tiendra sa 1ère réunion le 28 et sera annoncé officiellement lors de Convergences 2015 » détaille Arnaud Poissonnier.

Les acteurs de ce groupe de travail défricheront les questions attenantes. Comment gérer les bénéfices ? Peut-on employer des bénévoles ? Que faire des dons ? Quelle fiscalité ? etc. Une fois la proposition formalisée, ils se rapprocheront du législateur pour essayer de concrétiser un régime spécifique au social business. Socialentrepreneur, nouveau blockbuster après l’autoentrepreneur ?



Du bon usage de sa fortune : les capitalistes philanthropes
avril 26, 2009, 4:16
Filed under: dons, Mécénat

john-d-rockefeller-03A l’heure où, dans un contexte de crise financière, les dérives du capitalisme sont brocardées tous azimuts, rappelons quelques figures célèbres d’hommes d’affaires ayant consacré une partie substantielle de leur fortune à des causes humanitaires ou au mécénat. Du bon usage de sa fortune…

– John Davison Rockefeller (1839-1937, en photo ci-contre), magnat du pétrole américain : il créa en 1913 la Fondation Rockefeller toujours très active de nos jours, destinée à promouvoir le progrès scientifique dans tous les pays du monde. Celle-ci permit à l’époque de développer les écoles noires dans le sud des États-Unis.

– Andrew Carnegie, industriel Américain d’origine écossaise donna au début du XXe siècle plus de 380 millions de dollars à diverses fondations. Il créa environ 2 500 bibliothèques publiques gratuites aux États-Unis qui portent son nom, les Carnegie Libraries (la plus connue est la New York Public Library). Il finança 65 bibliothèques annexes dans la ville de New York. Il aida également les institutions culturelles (musées, Carnegie Hall, California Institute of Technology, etc.), les églises et les parcs publics.

– Plus récemment, Bill Gates a décidé de consacrer 95% de sa fortune à la lutte contre les maladies et l’analphabétisme dans les Pays du Sud. La fondation Gates, créée en 2000, a déjà dépensé 9,26 milliards de dollars, en particulier pour vacciner 55 millions d’enfants.

– Warren Buffett a annoncé le dimanche 25 juin 2006 son intention de donner quelque 37 milliards de dollars, soit 29,6 milliards d’euros, à des organisations caritatives dirigées par son ami Bill Gates et par des membres de sa propre famille. Cette décision, qui porte sur plus de 80% de sa fortune, constitue la plus grosse donation individuelle jamais réalisée aux États-Unis devançant très largement les autres philanthropes de l’histoire.

 

 



Adoptez une oeuvre d’art endommagée par le séisme en Italie !
avril 24, 2009, 1:25
Filed under: Mécénat

La Commission pontificale pour les biens culturels de l’Eglise lance un appel au mécénat et aux bénévoles pour restaurer le patrimoine endommagé par le séisme qui a frappé les Abruzzes, spécialement la région de L’Aquila, le 6 avril dernier.

En accord avec le ministère italien ad hoc, elle propose aux mécènes ou aux bénévoles et aux professionnels de la restauration « d’adopter » une oeuvre d’art endommagée pour qu’elle puisse être restaurée.

La Commission s’adresse notamment aux banques, aux institutions culturelles, mais aussi aux musées, aux laboratoires de restauration, aux mécènes privés, et restaurateurs d’oeuvres d’art.

Les demandes accompagnées d’un curriculum peuvent être adressées par mail à l’adresse électronique suivante : beniculturali@beniculturali.va



Le mécénat, valeur actuelle
avril 23, 2009, 5:39
Filed under: Mécénat

 

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« Danseuse » de PDG, « publicité déguisée », « acte de charité » : l’ouvrage Le Mécénat valeur actuelle, par Nicolas Simon et Marianne Eshet, brosse un paysage du mécénat français qui ne ressemble plus à ses clichés. En 2008, 2,5 milliards d’euros lui ont été consacrés, soit une hausse de 60 % depuis 2006. Contrairement à l’idée reçue, 73 % des mécènes sont des PME de 20 à 99 salariés.

Un livre essentiellement pédagogique qui s’éloigne de l’anecdote et des belles histoires pour offrir un véritable vade mecum du mécène moderne. Les auteurs rappellent que le mécénat n’est pas qu’artistique, mais sert l’intérêt général sous toutes ses formes (solidarité, environnement, recherche, sport…): « Si les entreprises choisissent le mécénat, et elles sont aujourd’hui près de 30.000 à le faire en France, c’est qu’elles y ont un intérêt, sinon même des intérêts (…) : une meilleure cohérence de l’équipe autour de valeurs communes, un bénéfice d’image et une communication plus riche. »

 

« Le Mécénat valeur actuelle », par Nicolas Simon et Marianne Eshet, Gallimard, 207 pages, 35 euros.



Le mécénat environnemental ne connaît pas la crise
avril 20, 2009, 10:38
Filed under: entrepreneuriat social, Mécénat

Malgré la crise économique, le mécénat environnemental continue d’augmenter. 1% Pour la Planète passe le cap des 1000 entreprises engagées. Les sociétés membres s’engagent à reverser sous forme de dons au minimum 1% de leur chiffre d’affaires annuel à des associations de protection de l’environnement. « Un pour cent des ventes est un engagement énorme et c’est cela qui est admirable « , souligne Terry Kellogg, directeur du 1% PLP. « Les sociétés qui partagent cet engagement se distinguent grâce au logo 1%, ce qui permet aux consommateurs de les reconnaître et les soutenir ».

Depuis 2007, le club grossit au rythme d’un membre supplémentaire par jour. Ce club est un réseau international d’entreprises qui ont compris que leur pérennité est aussi liée à l’état de la planète et ont décidé d’assumer leur part de responsabilité dans sa préservation. Un rythme qui ne faiblit pas, au contraire. Alors que les marchés financiers mondiaux se sont effondrés en octobre dernier, le taux d’adhésion à 1% PLP sur le dernier trimestre a été plus important que sur le reste de l’année 2008. « Notre taux de croissance face à ce contexte économique est encourageant » remarque T. Kellogg. « Pour nous, c’est un indicateur clair que les consommateurs et des sociétés cherchent une meilleure forme de capitalisme ».

En 2002, Yvon Chouinard (entrepreneur écologiste bien connu et fondateur de Patagonia) et son compagnon de pêche à la mouche, Craig Mathews (le fondateur/propriétaire de Blue Ribbon Flies dans le Montana) ont lancé 1% pour encourager plus de sociétés à soutenir des causes environnementales. Quant on interroge Yvon Chouinard sur le fait que 1% a passé le cap des milles adhésions, il dit : « Au début, je n’imaginais pas que nous puissions atteindre 1000 membres. Maintenant c’est clair, nous avons commencé une révolution, elle a tout juste commencé. »

Aujourd’hui, 1% PLP regroupe certains des piliers des entreprises responsables comme Patagonia, Clif Bar et la New Belgium Brewing, des artistes bien connus comme Jackson Browne, Jack Johnson et Josh Ritter, les icônes de la mode Barneys New York et Loomstate et des centaines de petites sociétés répartis dans 37 pays. Un certain nombre de grandes sociétés participent également à ce club international, tels que Sony, Diageo, Barneys New York, Volcom et Billabong, en engageant 1% de leur chiffre d’affaires sur l’une de leur marque ou un produit spécifique. Depuis la création du club, 42 millions de dollars ont été versés à des associations. Certaines entreprises membres du club rapportent, malgré le contexte actuel, des ventes record en 2008 (voir l’interview d’Yvon Chouinard sur la chaine msnbc) : 4 Les fortes valeurs véhiculées par la plupart des entreprises membres ont-elles, pour l’instant, épargné ces sociétés ? Le label 1% est en tous cas un moyen d’afficher ses convictions de la part de l’entreprise membre et pour le consommateur un moyen de détecter les entreprises les plus responsables.

En France, le club 1% pour la planète vient de passer le cap des 52 membres en accueillant récemment une dizaine d’entreprises françaises d’activités, de taille et de localisation variées : Altissimo conseil, Boomerang (cadeaux d’entreprises), Bracelet rouge, La Claree (cosmétique biologique), Don’t wait (vêtements), Ecorider Ski School Aventurea, Happy Board Day (vêtements de surf), La Terre m’a Dit (Agence immobilière), Mr Fraicolo (site de produits frais et bio), Photostore (développement photos numériques en ligne), Planète Bleue (librairie), Planet V (guides de voyage éthiques), Respire Elays, Sarl Majoun (vêtements), Selen Conseil SPA, Surfing Shaper, Woodd Stock création, Yarok (site marchand de produits écologiques). Ce mouvement mondial grandissant regroupe aujourd’hui plus de 1097 entreprises réparties dans 37 pays dont plus d’une centaine en Europe. 12 millions de dollars de dons pour la seule année 2008, distribués directement par les entreprises à plus de 1717 associations dans le monde.



Avise.org, un site dédié à l’entrepreneuriat social
avril 15, 2009, 2:16
Filed under: entrepreneuriat social

Le 21 mars, pour deux mois, onze organisations « soucieuses d’équité dans l’économie » se sont mobilisées., dans le cadre du Printemps pour une économie équitable. Par la même occasion, pour faire connaître le secteur encore trop peu connu de l’économie sociale et solidaire, l’ Agence de valorisation des initiatives socio-économiques vient d’ouvrir son site Internet, sur lequel elle informe sur ses actions.

A noter aussi, la possibilité de consulter des fiches pratiques avec des bonnes adresses pour les entrepreneurs sociaux, sur l’insertion par l’économique, ou encore l’évaluation de l’utilité sociale de son entreprise.

On peut aussi y consulter « Avise Infos », un bulletin d’information électronique bimestriel, qui vise à valoriser la dimension innovante du secteur de l’économie sociale, en présentant diverses initiatives en régions, mais également ailleurs en Europe. On appréciera aussi le moteur de recherche thématique de publications, l’agenda, et le glossaire très complet.

L’Agence a été créée en 2002 à l’initiative de la Caisse des dépôts et consignations, avec un tour de table comptant plusieurs représentants de l’économie sociale, dont le Crédit coopératif, la Maif et la Mutualité française.