Ethique & Entreprise


20 propositions pour réformer le capitalisme
mai 19, 2009, 4:46
Filed under: entrepreneuriat social, ethique des affaires

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Dans la profusion de livres écrits à la faveur de la crise économique et financière, celui-ci a une double particularité qui retient l’attention. La première est que ces « Vingt Propositions pour réformer le capitalisme » sont le fruit d’un travail en commun entre le monde de la recherche universitaire et celui des acteurs en entreprise. Parmi les dix auteurs de ce collectif, on trouve un directeur financier de multinationale, des banquiers opérant sur les marchés de crédit ou pétrolier, mais aussi des enseignants en école de commerce et un chercheur du CNRS, qui a lui-même conseillé des sociétés d’investissement. L’exercice auquel ils se livrent n’est donc ni un nouveau et banal pamphlet académique disert sur les causes de la crise mais inconsistant sur les alternatives, ni le récit complaisant d’un ex-trader ou ex-banquier racontant de l’intérieur toutes les péchés qu’il a commis. C’est un ouvrage crédible. De la rémunération des opérateurs financiers à leur formation, du contrôle des risques à la place du salariat, de la fiscalité internationale à l’instauration d’un impôt pour les transactions financières, les pistes sont sérieuses et argumentées – parfois même très techniques pour un public non averti. Les auteurs « ouvrent les pistes sur les voies et moyens d’une régulation internationale dont nous savons qu’elle est aussi incontournable qu’actuellement très imparfaite », résume dans sa préface Pascal Lamy, le patron de l’Organisation mondiale du commerce.

Mais la seconde originalité de l’ouvrage tient aux principaux auteurs, jeunes quadragénaires, qui ont coordonné l’ensemble. L’un, Gaël Giraud, est un jésuite normalien, Ensae et membre de l’Ecole d’économie de Paris, déjà auteur d’un livre de recherche sur la théorie des jeux. L’autre, Cécile Renouard, est une religieuse de l’Assomption, Essec, enseignante à l’Ecole des mines de Paris et au Centre Sèvres (jésuite). Elle consacre ses travaux à la responsabilité éthique des entreprises. Ni l’un ni l’autre – et encore moins leurs coauteurs peut-être – ne veulent sans doute que leurs points de vue soient appréhendés à travers le prisme catholique : ils sont d’abord des chercheurs et des praticiens. Leurs propositions ne sont d’ailleurs en aucun cas une catéchèse. Mais elles n’en reflètent pas moins le désir actuel des intellectuels catholiques d’être présents sur le terrain de l’analyse de la récession la plus profonde depuis 1945, de ses causes et des solutions à proposer, avec l’acquis que leur donne le regard planétaire – mondialisé – de la tradition chrétienne. Un désir qui se retrouve dans les colonnes de revues comme « Projet », « Etudes », celles des « Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens » (« EDC ») ou dans les publications de la Conférence des évêques de France. Une encyclique du Vatican est d’ailleurs également attendue dans les jours qui viennent sur les enjeux de la crise.
Image de moralisme

Quel message veulent faire passer les auteurs ? Leur premier souci est de se débarrasser de l’image de moralisme un peu désuet qui colle à la peau des « cathos ». « Quant à l’éthique, il ne s’agit aucunement, à nos yeux, d’une morale de la bonne conscience individuelle qui se contenterait de respecter sagement les règles du jeu. Il s’agit d’une responsabilité et d’une prise de conscience collectives de la nécessité de changer ensemble les règles du jeu elles-mêmes », avertissent Gaël Giraud et Cécile Renouard. Si les courants sont, comme partout ailleurs, multiples dans l’Eglise catholique, des libéraux aux sociaux-démocrates et aux partisans de la décroissance, les auteurs des « Vingt Propositions » se situent, eux, résolument dans celui du réformisme. Le capitalisme libéral n’est pas mort et il n’est pas question de diaboliser les marchés financiers, c’est simplement le « libertarisme » qu’il faut enterrer, autres noms du reaganisme et du thatchérisme. Cette position est assez nouvelle pour retenir l’attention et inviter à la lecture.

source : les Echos



La nouvelle génération de philanthropes : les exemples d’Antoine de Galbert, Ariane de Rothschild, Alain-Dominique Perrin

Les Américains ont Warren Buffet ou Bill Gates : une culture de la philanthropie, assurée par des entrepreneurs ayant réussi et restituant une partie de leur fortune à la société. Qu’en est-il en Europe ?

En France, l’idée de philanthropie paraît un peu « vieillotte », associée à la séculaire charité, ou au « paternalisme social » des industriels du XIXe et XXe siècle. Autour de l’usine, la famille mettait en place un ensemble de services qui permettaient de stabiliser et d’attirer une main d’œuvre mobile. On préfère le mot « mécénat », qui charrie un univers mental artistique et nous ramène à l’ère d’Octave. Ou bien on laisse entendre que l’Etat providence s’occupe de tout, comme le constatait Pierre Rosanvallon dans son petit essai La Crise de l’Etat Providence, au milieu des années 1980.

Or la philanthropie a changé. Comme le note Jean-Michel Carlo à Sciences-Po, « quel point commun entre l’initiative de Bill Gates dont le budget de la fondation du même nom dépasse celui de l’OMS, l’opération coup de poing des Enfants de Don Quichotte, qui avec deux cents tentes et 13 000 euros a permis de mobiliser l’opinion publique française sur le sort des mal logés, ou l’engagement d’un homme d’affaire français, Jean-Pierre Scotti qui en créant la Fondation Greffe de Vie en fait un acteur désormais incontournable du combat pour le don d’organes en France ? Spectaculaires ou discrètes, ces initiatives signalent un renouveau de l’action philanthropique. » Comme le montrent ces exemples, la philanthropie est devenue un enjeu social, économique et politique colossal. En conséquence, « dans ses formes historiques les plus évoluées la philanthropie nécessite une réelle « professionnalisation » des philanthropes dont la démarche ne peut être guidée par la seule générosité mais aussi par une exigence constante de rigueur, d’évaluation et d’efficacité sociale. »

Certains acteurs français semblent l’avoir compris, comme le montre les exemples d’Antoine de Galbert, Ariane de Rothschild, Alain-Dominique Perrin.

Antoine de Galbert est un des héritiers du groupe Carrefour, né en 1955. Lui-même gérant d’entreprises après avoir obtenu un diplôme en sciences politiques, et surtout grand amateur d’art contemporain, il construit peu à peu une collection qui prend de plus en plus de place dans sa vie. C’est alors qu’il choisit de la réunir autour d’une fondation d’intérêt général, et d’un lieu, La Maison Rouge (10 Boulevard de la Bastille à Paris), qui se propose de promouvoir les différentes formes de la création actuelle au travers de la présentation d’expositions temporaires. On se fera une idée du style du personnage, passionné et accessible, sur cette video :

Un V.I.P, une oeuvre n°2 – Antoine de Galbert (1/2) – Ma-Tvideo France3

Ariane de Rothschild est l’épouse de Benjamin de Rothschild, qui dirige le groupe LCF-Rothschild, la principale banque de la famille Rothschild. Française, née à San Salvador, diplômée d’HEC et d’un MBA d’une grande université new-yorkaise, elle a travaillé sur les marchés financiers et joue aujourd’hui un rôle majeur dans les instances de gouvernance du groupe. Elle est l’exemple même de cette nouvelle génération de philanthropes français, doués à la fois des capacités de gestion et d’une vision globale des problèmes.

Pour qui connait le secteur de la philanthropie, Ariane de Rothschild est un acteur essentiel, mais il est difficile de retracer tous ses engagements, tant cette philanthropie se veut discrète et pudique.

Benjamin et Ariane de Rothschild gèrent aujourd’hui des fondations créées par des membres de la famille dans les deux siècles passées, en France, en Suisse, aux Etats-Unis, en Espagne…. L’une des plus connues a été créée en 1905 : c’est la Fondation ophtalmologique Adolphe de Rothschild.

Mais Ariane de Rothschild les développe dans quelques secteurs qui leur paraissent essentiels. Quand on examine les différents domaines d’intervention, le fil conducteur paraît être l’éducation, la formation des esprits.

On retrouve tout d’abord la recherche médicale, notamment par l’intermédiaire de la Fondation Edmond de Rothschild pour le développement de la recherche scientifique (aide à des fondations ou des universités, financement de recherches…).

Un  autre axe a trait à l’art et à la culture, à la fois dans l’art contemporain, avec le prix Ariane de Rothschild, dans la décoration ou dans les arts appliqués (appui à l’école Boulle). Le prix d’art contemporain, décerné soit au Portugal soit en Belgique, récompense un entrepreneur en lui offrant non pas de l’argent mais en lui permettant de séjourner dans une école britannique prestigieuse pendant 6 mois.

Enfin, on peut trouver un troisième axe dans le dialogue interculturel. Le « Ariane de Rothschild Fellows Program » à l’Université Columbia est l’exemple le plus connu : destiné à des pour des entrepreneurs sociaux juifs et musulmans, il est destiné à encourager le dialogue, à contribuer à créer des liens, à favoriser des projets sociaux innovants. On peut s’y inscrire en France, par La Ruche.

Alain-Dominique Perrin, pour sa part, est un self-made man à la française. Né en 1942, rentré chez Cartier comme attaché commercial, il accède en 1981 à la présidence du directoire du groupe. En 1984, il crée, avec la complicité du sculpteur César,  la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain, à Paris, afin de rendre hommage à la création vivante, de l’encourager et de la défendre. Véritable vitrine de la création contemporaine, la fondation a été la première à monter des expositions thématiques autour de sujets divers de notre société : Ferrari, les Années 80, la vitesse, ou la mode, attirant des dizaines de milliers de visiteurs.  Auteur du Rapport « Mécénat français » qui devait donner naissance à la Loi Léotard en juillet 1987, son investissement prend une dimension pleinement internationale quand il est nommé en 2004 président de l’Etablissement Public du Jeu de Paume, consacré à l’Art de la photographie, et au Conseil International de la Tate Gallery dont il est membre.

Ce qui caractérise les programmes de ces nouveaux mécènes, à chaque fois, c’est le côté rigoureux et complet du développement, qui en font à chaque fois des projets complet et inventifs adossés à des partenaires solides. La nouvelle génération de philanthropes est en train de développer une nouvelle manière, efficace, rayonnante, de participer à l’une des faces éthiques du capitalisme.



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mai 7, 2009, 2:08
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