Ethique & Entreprise


Grâce aux PPP, les Maldives sacrées « Champions of the Earth »
mai 10, 2010, 12:23
Filed under: entrepreneuriat social, ethique des affaires

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a remis fin avril les prix des « Champions de la Terre » 2010 qui récompensent les meilleurs leaders pour la protection de l’environnement, à l’occasion d’un dîner de gala organisé lors du sommet mondial des entreprises pour l’environnement (B4E) à Séoul, en République de Corée.

Le Président des Maldives, Mohamed Nasheed, a reçu le prix du meilleur dirigeant politique pour son engagement dans la lutte contre le changement climatique notamment par l’organisation de grandes campagnes de sensibilisation en expliquant « au reste du monde comment effectuer une transition vers une neutralité climatique », a dit M. Steiner, Directeur exécutif du PNUE. Et d’ajouter que Nasheed dépasse ainsi son statut de porte-parole des pays directement menacés par le réchauffement climatique, les Maldives étant, comme on le sait, menacées d’engloutisement par la montée du niveau des mers.

Le président Nasheed, qui a souligné que ce prix récompensait l’ensemble des Maldives, s’est félicité de ce qu’un petit pays soit ainsi donné en exemple au monde entier. Son gouvernement a en effet signé en mars dernier avec La Compagnie Benjamin de Rothschild et l’entreprise BeCitizen, dirigée par Ariane de Rothschild, un accord de partenariat stratégique pour mettre en oeuvre l’engagement des Maldives à devenir neutres en carbone d’ici 2020. La Compagnie Benjamin de Rothschild assistera le gouvernement pour obtenir les sources de financement international et trouver les investisseurs afin de mettre en place les différents projets tels que les fermes éoliennes, les unités de recyclage de déchets, les solutions de transport durable qui seront prévues dans le Schéma Directeur. Les projets seront conçus, structurés et mis en place dans le cadre de Partenariats Public Privé (PPP). BeCitizen assistera le Gouvernement dans l’identification du potentiel des projets aptes à générer des crédits carbone et dans leur structuration. Les financements proviendront d’institutions financières internationales telles que la Banque Mondiale et la Société Financière Internationale (IFC), d’investisseurs privés, des marchés internationaux ainsi que du marché du carbone.



Vers une éthique de l’existence post-capitaliste ?
avril 28, 2010, 7:09
Filed under: associations, entrepreneuriat social, ethique des affaires

Christian Arnsperger, économiste et philosophe de l’économie, professeur à l’Université Catholique de Louvain. est l’auteur de « Ethique de l’existence post-capitaliste – Pour un militantisme existentiel ». Il explique que si l’on ne peut pas se passer de l’économie, nous allons devoir nous défaire du capitalisme, car ce système est un symptôme: les sociétés développées souffrent d’un vide existentiel et spirituel. Nous tentons de combler ce vide par la surconsommation de biens matériels, mais aussi de symboles, d’images, d’idées. Christian Arnsperger voit dans la crise économique une occasion de refonte du système. Sur le plan individuel, les crises représentent des opportunités qu’il faut savoir utiliser. Toutefois, si la relance réussit, le capitalisme reprendra sa marche, sur un mode de plus en plus chaotique.

Selon Christian Arnsperger, il ne s’agit pas seulement de changer le système en profondeur, mais de modifier notre vision du sens de la vie. Se rapprochant des thèses de la décroissance, Christian Arnsperger, devant la nécessité de relocaliser l’économie, propose le retour à des structures qu’il décrit comme communalistes. Une pensée vivifiante, mais qui reste bien utopique !



Ecole Boulle – le savoir-faire à la française
octobre 22, 2009, 12:58
Filed under: entrepreneuriat social, Mécénat

Par nature, les écoles et lieux d’enseignement constituent des foyers d’engagement déterminants pour les activités de mécénat. En France, du fait de l’emprise très forte du système public sur les structures de formation, ces partenariats ont tardé à s’élaborer. Mais face à la concurrence d’établissements européens mieux financés, il devient indispensable à nos lieux d’excellence de s’ouvrir au secteur privé pour maintenir leur attractivité. Réciproquement, les entreprises qui s’engagent dans le financement ou l’apport de compétences à destination de ces établissements jouent pleinement leur rôle social, et en tirent, à moyen-terme, des bénéfices d’image, de qualification de personnel, de préservation de leur patrimoine immatériel, très au-delà des faveurs fiscales qui peuvent les y inciter ponctuellement.

Témoin de cette évolution, la célèbre école Boulle qui a traversé le XXème siècle en défendant l’excellence de l’artisanat français. Née en 1886, et par là contemporaine de la révolution industrielle, elle demeure le creuset ou s’élaborent de nouveaux savoir-faire nourris de l’expérience de gestes séculaires. Cette cohabitation de tous les instants du ciseau à bois et de l’ordinateur, de la terre glaise et des polymères les plus sophistiqués, qui ne manque pas de surprendre le visiteur enfermé dans l’image d’Epinal de la commode portant le nom d’André-Charles Boulle, suppose une ouverture géographique comme économique toujours en renouvellement. Cette excellence a su convaincre partenaires et mécènes de s’engager au service de sa transmission et son développement. Ainsi les maisons Dior, Givenchy, Guerlain, la marque Veuve Cliquot Ponsardin apportent-elles leur dynamique aux enseignements.

Souhaitons que cette vitrine de la tradition et de l’innovation française soit bientôt suivie par d’autres écoles, par des universités, et pourquoi pas ? par les collèges et lycées de la si frileuse éducation nationale !



Couronnement de la formation Ariane de Rothschild « Dialogue et entrepreneuriat social »

Nous l’évoquions dans un précédent post : voici un papier plus complet sur un type d’entrepreneuriat social très spécifique, celui qui permet de renforcer le dialogue entre les communautés. Une façon nouvelle de travailler au dialogue. On attend les premiers retours…

L’article est issu du site internet de saphirnews :

Le dialogue judéo-musulman, revu par la fondation De Rothschild

Réunir des jeunes entrepreneurs sociaux de confessions juive et musulmane, tel est le nouveau défi du programme de formation d’Ariane de Rothschild « Dialogue et entreprenariat social », lancé pour la première fois en juillet dernier, à New York, sous l’égide de la fondation Edmond de Rothschild, dont le nom s’est historiquement fait connaître par ses activités bancaires, philanthropiques et par leur soutien au sionisme. Alors que la reconduction du programme l’an prochain semble probable, de nombreuses questions se bousculent quant au contenu et à la pertinence du projet. Firoz Ladak, directeur général de la fondation, et Gaëtan Baudry, un de ses collaborateurs, ont accepté de répondre aux questions de Saphirnews.

Formation Ariane de Rothschild

La soirée de cloture a réuni tous les participants, professeurs et responsables du projet, dont Firoz Ladak (debout au centre) et Ariane de Rothschild (à droite).

Saphirnews : Qu’est-ce qui a poussé Ariane de Rothschild à créer un tel programme ? Quels sont ses objectifs ?

Firoz Ladak : Un des objectifs est de promouvoir le dialogue interculturel et d’explorer les différentes voies possibles au dialogue entre les communautés musulmanes et juives et cela hors contexte du Moyen-Orient. Cela ne veut pas pour autant dire qu’on ignore le sujet parce qu’il fait partie de l’équation des relations entre ces deux communautés. Cependant, nous considérons que le lien entre ces deux communautés peut dépasser le conflit israélo-palestinien. Il ne faut pas que le dialogue soit pris en otage par celui-ci.
Pour ce programme, on s’intéresse particulièrement à la France, à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Ces communautés qui vivent dans ces pays connaissent effectivement des questions autour de l’intégration, de la définition de ce qu’est d’être, par exemple, un citoyen français et musulman ou français et juif. Ce sont des questions qui vont beaucoup plus loin que ce qui se passe entre Israéliens et Palestiniens.

Pourtant, les relations judéo-musulmanes ont été très mouvementées en début d’année 2009 avec les attaques israéliennes contre Gaza. Est-ce un moyen, à travers ce programme, de renouer des relations ?

F. L. : Quand l’affaire de Gaza a éclaté, on était en plein processus de recrutement de nos participants. Les événements ont pu impacter quelque part ce recrutement. Cette affaire a creusé un peu plus le fossé entre ces communautés. Chaque personne, qu’elle soit juive ou musulmane, peut avoir une position à l’égard de ce conflit.
Le succès du programme a bien montré qu’on est justement capable d’aller au-delà de ce qui s’est passé à Gaza, même, si durant l’université d’été, les discussions n’ont pas amené les gens à être d’accord, loin de là.

Pourquoi avoir choisi de se centrer seulement sur des jeunes de confessions juive et musulmane ?

F. L. : Il y a clairement un besoin de dialogue et de rapprochement entre ces deux communautés. On a soutenu par le passé différentes initiatives consistant à les rassembler, comme celle qui consiste à rassembler des imams et des rabbins. À chaque projet réalisé, on procède à des évaluations. On a constaté que le fait religieux ne suffisait pas.
C’est la raison pour laquelle on parle de dialogue interculturel et non pas interreligieux. Ceux qui pourraient faciliter les relations et les contacts entre les deux communautés sont des personnes plus jeunes, moins liées par des considérations et des obligations propres à leur organisation représentative, des individus qui se définissent comme juifs ou musulmans de façon beaucoup plus culturelle que purement religieuse.

Comment avez-vous sélectionné les participants ? Quels étaient leurs profils ?

Nous avons reçu plus de 200 candidatures pour une trentaine de places. Il est important de préciser qu’ils sont tous des entrepreneurs sociaux soit qui travaillent dans des organismes non lucratifs, soit qui ont lancé leurs propres start-up. Ce sont des femmes et des hommes travaillant dans des domaines d’engagement social comme l’éducation, l’environnement ou la santé.
Qu’ils soient juifs ou musulmans, ils sont là avant tout pour améliorer leurs compétences en entrepreneuriat social. Ils passent par Columbia, l’une des plus prestigieuse business school au monde, qui leur enseigne comment améliorer leurs compétences en marketing, en stratégie ou en comptabilité.
Quant au volet dialogue, il a été assuré par l’université de Cambridge, qui a produit, durant ces semaines, à New York, un programme axé sur des sujets sociaux, historiques ou culturels qui pouvaient séparer ou unir ces communautés.

Le programme a été plutôt riche en enseignements et a donné une grande place aux visites, aux rencontres et aux conférences, dont une sur l’islamisme et ses origines. Pourquoi pas une sur le sionisme ? Est-ce une forme de parti pris ?

F. L. : Nous n’avons absolument aucune forme de parti pris. La question a été posée par un certain nombre de participants. On envisage de faire un cours, l’an prochain, sur les fondements du sionisme pour rétablir l’équilibre. Au sujet du cours sur l’islamisme, on ne l’enseigne pas tel qu’il est aujourd’hui, car la conférence a été assurée par une historienne de Cambridge.
On n’en a pas fait sur le sionisme cette année simplement parce que les professeurs de Cambridge travaillant sur le programme n’avaient pas forcément les compétences que l’on cherchait. Pour l’an prochain, nous identifierons la bonne personne pour qu’elle puisse rééquilibrer le programme.

Parleriez-vous d’un succès ? Quelles autres améliorations apporteriez-vous pour l’an prochain ?

F. L. : On attend une évaluation complète du programme, qui va nous être fournie rapidement. Mais parler de succès est trop tôt. On en parlera quand il y aura un vrai réseau qui se sera développé avec les fellows, ce qui n’est pas encore le cas.
Néanmoins, on peut dire que le programme était très dense car il s’agissait de compacter, en deux semaines, la dimension business de Columbia avec la dimension sociale de Cambridge. Je pense que les participants avaient du mal à reprendre leur souffle. Si le programme est reconduit, on allégerait le programme et on laisserait plus de place aux ateliers. Tous étaient en demande de temps pour discuter entre eux, ce qui fait partie des principaux objectifs du programme.
Pour les Français, la difficulté était principalement linguistique. Tous ne parlaient pas bien l’anglais, même si on avait testé leur niveau de façon préalable. Ce programme demande aux participants une préparation en amont assez soutenue, ce qui est parfois difficile car certains des fellows étaient complètement occupés par leur travail. On envisage de mettre en place un atelier d’anglais deux mois avant le programme et d’étaler cette préparation dans le temps pour les Français.

Par la suite, entreprenez-vous un suivi de ces fellows ? Et de quelle manière ?

Gaëtan Baudry : Tout l’objectif de cette initiative est de développer un réseau d’entrepreneurs sociaux juifs et musulmans, qui ont tout intérêt à continuer à partager leurs compétences et ses connaissances. Les participants ont été très demandeurs pendant ces 15 jours, mais ils ne veulent pas de formation continue avec des examens par manque de temps. On est donc en train de travailler sur la création d’une plateforme Internet, sur laquelle ils peuvent parfaire leur formation.
On réfléchit à les faire rencontrer des experts sur la création et l’amélioration d’un business plan par exemple, sous forme de conférences-call, qui pourraient intervenir en ligne sur des thématiques, car les participants sont sur trois pays différents. L’entrepreneur social a peu de temps à consacrer à sa formation, donc les formations doivent être efficaces et courtes, voilà à quelles contraintes doit répondre le site. Mais tout cela est en cours d’élaboration.

Selon vous, le fait de s’appeler De Rothschild peut-il s’apparenter à une difficulté qui mine la volonté de certaines personnes de participer au programme ?

F. L. : Je pense que c’est une difficulté à ne pas ignorer. Il y a effectivement une présence De Rothschild en Israël. Mais l’histoire ne sera pas récrite : les Rothschild sont juifs et ils ont eu un impact sur la constitution de l’État d’Israël. Mais rien ne les empêche aujourd’hui de privilégier des actions qui répondent aux besoins actuels se trouvant dans les sociétés occidentales. Par ailleurs, je ne suis pas juif… [M. Ladak est musulman, ndlr.]
Nous avons envisagé des partenariats avec d’autres fondations, notamment musulmanes, pour avoir un vrai équilibre. Pour l’instant, ce n’est pas d’actualité, mais on y travaille.

Quel message souhaitez-vous passer à travers ce programme ?

F. L. : On aimerait contribuer, à notre modeste échelle, à combler un fossé. Ce n’est pas parce qu’on est juif ou musulman que l’on doit considérer l’autre comme un ennemi. L’autre point est d’utiliser l’entrepreneuriat social comme un vecteur de rapprochement. Les États ne peuvent répondre à tous les besoins ; c’est là que des fondations comme la nôtre ont un rôle à jouer.

Pour en savoir plus, voir le site du programme.



Danone crée un business social au Bangladesh
septembre 19, 2009, 10:23
Filed under: entrepreneuriat social | Mots-clefs: , , ,

Fin 2005, Frank Riboud, PDG de Danone, rencontre Muhammad Yunus. Les deux hommes décident de créer ensemble un social business, concept théorisé par le professeur : une entreprise qui tend à un objectif social et vend ses produits à un prix qui lui permet de s’autofinancer.

Courant 2006 naît La Grameen Danone Food. Cette entreprise produit des yaourts à forte valeur nutritive pour les enfants du Bangladesh, à un prix abordable. Une sorte « d’alicament » qui répond aux carences de leur alimentation, inspiré du traditionnel yaourt bangladais. Ce produit baptisé Shokti Doï (yaourt énergie), dont la mascotte est un lion, est le fruit d’un long travail de recherches par des ingénieurs de l’agro alimentaire en collaboration avec l’ONG Gain. Les effets sont, semblent-t-il, prouvés si un enfant consomme en moyenne deux Shoktidoïs par semaine.

Le modèle industriel se veut lui aussi responsable avec des usines de petites tailles, très faiblement automatisées pour employer un maximum de personnes (une soixantaine). Des panneaux solaires et un système de traitement des eaux usées donnent aux projets un volet environnemental. Chaque usine doit s’appuyer sur le tissu économique local pour créer de l’activité : des fermiers des environs, qui produisent le lait, aux « Grameen ladies » chargées de la distribution dans les villages avoisinants.

L’ambition de Riboud et Yunus est de construire cinquante usines, rien qu’au Bangladesh. Bien sûr, dans le respect du concept de « social business » : les bénéfices potentiels ne vont pas dans la poche des propriétaires (seulement 1%). Ils sont directement utilisés pour améliorer la capacité de production de l’usine et en construire d’autres. Pour financer le projet, Danone a créé un fond d’investissement, Danone Communities, où les membres s’engagent délibérément à financer des projets d’entrepreneuriat social.



L’entrepreneuriat social : le meilleur des deux mondes

Pour ceux qui veulent s’engager pour un monde meilleur, et qui veulent y déployer l’ensemble de leurs ressources et de leurs talents, il y a de multiples lieux. Pour certains, le milieu associatif ou les ONG conviennent bien (Emmaüs, Médecins sans frontières, la Croix Rouge), pour d’autre c’est les organisations religieuses, pour d’autre encore la politique, le militantisme ou l’engagement dans la fonction publique, et certains estiment qu’ils œuvrent pour un monde meilleur en apportant au monde qui de l’énergie, qui de l’eau, qui des moyens de transport, qui du rêve, qui un spectacle footballistique… Voici venu un nouvel outil pour améliorer le monde : l’entrepreneuriat social ! Pour les étudiants, les militants, les entrepreneurs, voici une occasion nouvelle… De quoi s’agit-il ?

L’entrepreneuriat social est une approche en faveur du développement économique et social d’une communauté, c’est-à-dire parvenir à enclencher des cycles vertueux qui permettent d’échapper à la trappe à pauvreté ou à la misère ou bien tisser, retisser et solidifier les liens qui font une communauté ou une société. Un beau programme !

Mais quelle est sa spécificité ? Il faut mettre l’accent sur ce que cela n’est pas : ce n’est pas de la charité ou de l’assistanat. L’idée est de refuser l’assistanat et d’appliquer les méthodes et le dynamisme de l’entreprenariat, dans son sens le plus noble. Dans son rapport spécial de mars 2009 consacré à l’entrepreneuriat, le magazine britannique The Economist définit un entrepreneur comme « quelqu’un qui apporte une solution innovante à un problème ». L’entrepreneur social identifie et applique des solutions pragmatiques à des problèmes sociaux en associant innovation, gestion durable des ressources et sens pratique, dans un projet d’entreprise qui se doit d’être lucratif, afin d’échapper à l’assistanat et permettre un développement véritable, c’est-à-dire « autoalimenté ».

L’origine des termes Social Entrepreneur et Social Entrepreneurship revient à Bill Dayton, fondateur de l’association Ashoka en 1984, qui s’emploie à soutenir financièrement et structurellement les actions d’entrepreneurs sociaux novateurs. Mais les premières actions qualifiables « d’entrepreneuriat social » sont beaucoup plus anciennes : Florence Nightingdale, par exemple, définit pendant la guerre de Crimée (1854), les méthodes modernes des soins médicaux. De même, Vinoba Bhave, fondateur du India’s Gift Movement au début du siècle, œuvra contre l’industrialisation massive de l’Inde et les influences Marxistes, et lança des réformes agraires pour aider les paysans sans terres.

Aujourd’hui, la figure majeure de l’entrepreneuriat social est Muhammad Yunus, économiste universitaire de formation, fondateur de la Grameen Bank et Prix Nobel de la Paix en 2006. Il se lance aussi dans le micro-crédit pour aider les paysans indiens les plus pauvres. Il exporte son innovation dans d’autres pays dès 1983 et diversifie son activité (textile, téléphonie, production d’électricité par énergie solaire…). Il a mis en place de nombreux partenariats avec de grandes entreprises, notamment françaises, comme Danone ou Veolia.

L’entrepreneuriat social s’est fortement développé aux Etats-Unis, ou l’expression « Social Enterprise Initiative » a été lancée en 1993 par la Harvard Business School, puis par d’autres grandes universités (Columbia, Yale) et diverses fondations qui mettent en œuvre des programmes de formation et de soutien aux entrepreneurs sociaux et aux entreprises sociales. L’idée d’entreprise sociale désigne principalement des activités économiques marchandes mises au service d’un but social.

En Europe, l’entrepreneuriat social a aussi fait son apparition au début des années 1990 sous une impulsion italienne. En 1991, l’Italie crée en effet un statut spécifique de « coopératives sociales » qui se développent alors fortement, notamment pour répondre à des besoins non ou mal satisfaits par les

Services publics. En France, il s’inscrit dans la continuité de ces initiatives portées par l’économie sociale et solidaire, notamment celles qui ont émergé au cours des dernières décennies : entreprises d’insertion, entreprises adaptées, nouvelles formes de coopératives : Société coopératives d’Intérêt collectif (CIC), services aux personnes, activités liées aux champs de l’environnement et de la solidarité… Les grandes écoles s’y sont mises : l’ESSEC a lancé une Chaire d’Entrepreneuriat Social il y a quelques années (avec Thierry Sibieude de l’Institut Territoires, Entreprises et Société Anne-Claire Pache de l’association Uni-Cité). Récemment, le Parlement des Entrepreneurs d’avenir s’est tenu en France.

Les projets sont nombreux. Ils visent à participer au développement humain. Par exemple, Bill Gates, a quitté sa fonction de PDG chez Microsoft pour se consacrer pleinement à sa fondation humanitaire, Bill-et-Melinda-Gates, qui a pour objectif d’apporter des innovations en matière de santé et d’acquisition de connaissances à la population mondiale. Mais ils cherchent aussi à promouvoir le dialogue et l’échange. Par exemple, les « lauréats Ariane de Rothschild » de la Columbia Business school a rassemblé récemment des entrepreneurs sociaux juifs et musulmans pour un programme de deux semaines afin de les aider à œuvrer à resserrer les liens entre communautés.

Les initiatives et les idées sont donc infinies : l’entrepreneuriat social est un terrain majeur d’innovations pour essayer de dégager de nouvelles façons de sortir de la pauvreté et de tisser des liens…



Une plate-forme web pour favoriser le mécénat de compétences
juin 10, 2009, 4:11
Filed under: entrepreneuriat social, Mécénat

entrepreneuriat-social.mobee.org est une plate-forme mutualisée destinée à favoriser les mécénats d’entreprise dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

La plate-forme web permet de favoriser les synergies entre:
♥ des entreprises engagées au titre du mécénat et leurs salariés et retraités;
♥ des bénéficiaires: toute organisation œuvrant dans le domaine de l’économie sociale et solidaire.

Ces différentes catégories d’acteurs entrent en relation sur la base d’offres et dedemandes.

Les organisations bénéficiaires expriment des demandes correspondant aux besoins de leurs projets. 
Les entreprises y répondent par leurs 
offres: apports en compétences, in situ ou en ligne, via les salariés et retraités de l’entreprise, apports financiers, en nature, en technologie ou en logistique.

es_01.pngentrepreneuriat-social.mobee.org favorise particulièrement les apports enmécénat de compétences en proposant une interface spécifique: les entreprises mécènes adhérentes au réseau ont la possibilité de mobiliser leurs salariés et retraités afin qu’ils participent bénévolement aux missions — sur le terrain ou bien en ligne — demandées par les organisations bénéficiaires.