Ethique & Entreprise


L’entrepreneuriat social : le meilleur des deux mondes

Pour ceux qui veulent s’engager pour un monde meilleur, et qui veulent y déployer l’ensemble de leurs ressources et de leurs talents, il y a de multiples lieux. Pour certains, le milieu associatif ou les ONG conviennent bien (Emmaüs, Médecins sans frontières, la Croix Rouge), pour d’autre c’est les organisations religieuses, pour d’autre encore la politique, le militantisme ou l’engagement dans la fonction publique, et certains estiment qu’ils œuvrent pour un monde meilleur en apportant au monde qui de l’énergie, qui de l’eau, qui des moyens de transport, qui du rêve, qui un spectacle footballistique… Voici venu un nouvel outil pour améliorer le monde : l’entrepreneuriat social ! Pour les étudiants, les militants, les entrepreneurs, voici une occasion nouvelle… De quoi s’agit-il ?

L’entrepreneuriat social est une approche en faveur du développement économique et social d’une communauté, c’est-à-dire parvenir à enclencher des cycles vertueux qui permettent d’échapper à la trappe à pauvreté ou à la misère ou bien tisser, retisser et solidifier les liens qui font une communauté ou une société. Un beau programme !

Mais quelle est sa spécificité ? Il faut mettre l’accent sur ce que cela n’est pas : ce n’est pas de la charité ou de l’assistanat. L’idée est de refuser l’assistanat et d’appliquer les méthodes et le dynamisme de l’entreprenariat, dans son sens le plus noble. Dans son rapport spécial de mars 2009 consacré à l’entrepreneuriat, le magazine britannique The Economist définit un entrepreneur comme « quelqu’un qui apporte une solution innovante à un problème ». L’entrepreneur social identifie et applique des solutions pragmatiques à des problèmes sociaux en associant innovation, gestion durable des ressources et sens pratique, dans un projet d’entreprise qui se doit d’être lucratif, afin d’échapper à l’assistanat et permettre un développement véritable, c’est-à-dire « autoalimenté ».

L’origine des termes Social Entrepreneur et Social Entrepreneurship revient à Bill Dayton, fondateur de l’association Ashoka en 1984, qui s’emploie à soutenir financièrement et structurellement les actions d’entrepreneurs sociaux novateurs. Mais les premières actions qualifiables « d’entrepreneuriat social » sont beaucoup plus anciennes : Florence Nightingdale, par exemple, définit pendant la guerre de Crimée (1854), les méthodes modernes des soins médicaux. De même, Vinoba Bhave, fondateur du India’s Gift Movement au début du siècle, œuvra contre l’industrialisation massive de l’Inde et les influences Marxistes, et lança des réformes agraires pour aider les paysans sans terres.

Aujourd’hui, la figure majeure de l’entrepreneuriat social est Muhammad Yunus, économiste universitaire de formation, fondateur de la Grameen Bank et Prix Nobel de la Paix en 2006. Il se lance aussi dans le micro-crédit pour aider les paysans indiens les plus pauvres. Il exporte son innovation dans d’autres pays dès 1983 et diversifie son activité (textile, téléphonie, production d’électricité par énergie solaire…). Il a mis en place de nombreux partenariats avec de grandes entreprises, notamment françaises, comme Danone ou Veolia.

L’entrepreneuriat social s’est fortement développé aux Etats-Unis, ou l’expression « Social Enterprise Initiative » a été lancée en 1993 par la Harvard Business School, puis par d’autres grandes universités (Columbia, Yale) et diverses fondations qui mettent en œuvre des programmes de formation et de soutien aux entrepreneurs sociaux et aux entreprises sociales. L’idée d’entreprise sociale désigne principalement des activités économiques marchandes mises au service d’un but social.

En Europe, l’entrepreneuriat social a aussi fait son apparition au début des années 1990 sous une impulsion italienne. En 1991, l’Italie crée en effet un statut spécifique de « coopératives sociales » qui se développent alors fortement, notamment pour répondre à des besoins non ou mal satisfaits par les

Services publics. En France, il s’inscrit dans la continuité de ces initiatives portées par l’économie sociale et solidaire, notamment celles qui ont émergé au cours des dernières décennies : entreprises d’insertion, entreprises adaptées, nouvelles formes de coopératives : Société coopératives d’Intérêt collectif (CIC), services aux personnes, activités liées aux champs de l’environnement et de la solidarité… Les grandes écoles s’y sont mises : l’ESSEC a lancé une Chaire d’Entrepreneuriat Social il y a quelques années (avec Thierry Sibieude de l’Institut Territoires, Entreprises et Société Anne-Claire Pache de l’association Uni-Cité). Récemment, le Parlement des Entrepreneurs d’avenir s’est tenu en France.

Les projets sont nombreux. Ils visent à participer au développement humain. Par exemple, Bill Gates, a quitté sa fonction de PDG chez Microsoft pour se consacrer pleinement à sa fondation humanitaire, Bill-et-Melinda-Gates, qui a pour objectif d’apporter des innovations en matière de santé et d’acquisition de connaissances à la population mondiale. Mais ils cherchent aussi à promouvoir le dialogue et l’échange. Par exemple, les « lauréats Ariane de Rothschild » de la Columbia Business school a rassemblé récemment des entrepreneurs sociaux juifs et musulmans pour un programme de deux semaines afin de les aider à œuvrer à resserrer les liens entre communautés.

Les initiatives et les idées sont donc infinies : l’entrepreneuriat social est un terrain majeur d’innovations pour essayer de dégager de nouvelles façons de sortir de la pauvreté et de tisser des liens…



Du bon usage de sa fortune : les capitalistes philanthropes
avril 26, 2009, 4:16
Filed under: dons, Mécénat

john-d-rockefeller-03A l’heure où, dans un contexte de crise financière, les dérives du capitalisme sont brocardées tous azimuts, rappelons quelques figures célèbres d’hommes d’affaires ayant consacré une partie substantielle de leur fortune à des causes humanitaires ou au mécénat. Du bon usage de sa fortune…

– John Davison Rockefeller (1839-1937, en photo ci-contre), magnat du pétrole américain : il créa en 1913 la Fondation Rockefeller toujours très active de nos jours, destinée à promouvoir le progrès scientifique dans tous les pays du monde. Celle-ci permit à l’époque de développer les écoles noires dans le sud des États-Unis.

– Andrew Carnegie, industriel Américain d’origine écossaise donna au début du XXe siècle plus de 380 millions de dollars à diverses fondations. Il créa environ 2 500 bibliothèques publiques gratuites aux États-Unis qui portent son nom, les Carnegie Libraries (la plus connue est la New York Public Library). Il finança 65 bibliothèques annexes dans la ville de New York. Il aida également les institutions culturelles (musées, Carnegie Hall, California Institute of Technology, etc.), les églises et les parcs publics.

– Plus récemment, Bill Gates a décidé de consacrer 95% de sa fortune à la lutte contre les maladies et l’analphabétisme dans les Pays du Sud. La fondation Gates, créée en 2000, a déjà dépensé 9,26 milliards de dollars, en particulier pour vacciner 55 millions d’enfants.

– Warren Buffett a annoncé le dimanche 25 juin 2006 son intention de donner quelque 37 milliards de dollars, soit 29,6 milliards d’euros, à des organisations caritatives dirigées par son ami Bill Gates et par des membres de sa propre famille. Cette décision, qui porte sur plus de 80% de sa fortune, constitue la plus grosse donation individuelle jamais réalisée aux États-Unis devançant très largement les autres philanthropes de l’histoire.

 

 



La fondation Bill & Melinda Gates annonce 133 millions de dollars de don
mars 26, 2009, 3:56
Filed under: dons, entrepreneuriat social

 

A l’occasion de la Journée mondiale de la tuberculose le 24 mars dernier, la Fondation Bill & Melinda Gates a annoncé une série de subventions dans le domaine la santé, conçues pour accroître l’accès aux progrès de la médecine, particulièrement des femmes et des enfants vivant dans les pays en développement.

Les subventions totalisant plus de 133 millions $ profiteront aux groupes les plus vulnérables du monde, notamment, aux enfants, aux réfugiés, aux femmes enceintes et aux femmes. Les membres de ces groupes représentent une proportion croissante du nombre de personnes malades à l’échelle de la planète.

«Les progrès de la médecine, associés à une meilleure alimentation et à un accès élargi aux vaccins qui peuvent sauver la vie, ont prolongé et amélioré la vie des résidents des Etats-Unis et d’autres pays du monde», a déclaré Patty Stonesifer, co-présidente du conseil et présidente de la Fondation Bill & Melinda Gates. «En même temps, l’écart troublant entre l’état de santé des riches et des pauvres du globe ne cesse d’augmenter. Le programme de la Fondation pour la santé globale (Global Health Program) s’est donné comme objectif d’éliminer cet écart et d’améliorer la santé des femmes et des enfants.»

«La tuberculose devient encore plus mortelle parce que de nombreuses souches ont acquis une tolérance à la majorité, voire à la totalité, des traitements médicamenteux actuels», a affirmé le Dr Gordon W. Perkin, directeur du programme de la Fondation pour la santé globale. «L’alliance globale pour la mise au point d’un médicament contre la tuberculose (Global Alliance for Tuberculosis Drug Development) offre à la communauté mondiale l’espoir de réussir à éradiquer cette menace croissante pour la santé publique.»

Les dons se répartissent comme suit :

Global Alliance for Tuberculosis Drug Development — 25 millions $

Cette alliance nouvellement créée a reçu une subvention de 25 millions $. Cette somme appuiera la mise au point de nouveaux agents thérapeutiques et fournira des ressources qui démontreront l’efficacité des médicaments lors d’études cliniques. L’alliance comprendra des fondations, des sociétés pharmaceutiques et des organismes internationaux qui sont à la recherche de nouveaux traitements efficaces contre la tuberculose.

Save the Children — 50 millions $

Save the Children, un des organismes privés à but non lucratif voués au développement et au soutien des enfants les plus importants du monde, a reçu une subvention quinquennale de 50 millions $ pour aider à sauver la vie des nouveau-nés partout dans le monde. La subvention appuiera une initiative mondiale appelée Saving Newborn Lives destinée à rehausser l’accès à des technologies peu coûteuses en vue de réduire sensiblement les décès de nouveau-nés qui atteignent, selon les estimations, 5,4 millions chaque année. La subvention accordée par la Fondation représente le don privé le plus élevé que l’organisme Save the Children ait reçu depuis sa création il y a 68 ans.

Infectious Disease Research Institute — 15 millions $

L’Infectious Disease Research Institute a reçu une subvention de 15 millions $ pour financer ses travaux de recherche visant la mise au point d’un vaccin contre la leishmaniose, une maladie de la peau et des viscères qui est endémique en Asie du Sud, particulièrement en Inde, en Afrique, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient. L’institut travaillera étroitement avec Corixa, une société de biotechnologie. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la leishmaniose est à l’origine d’environ un demi-million de décès chaque année. On évalue à 15 millions le nombre de nouveaux cas de la maladie chaque année.

Medicines for Malaria Venture — 25 millions $

Medicines for Malaria Venture (MMV) a reçu une subvention de 25 millions $ qui appuiera l’objectif de l’organisme, à savoir créer un partenariat entre les secteurs public et privé pour éradiquer cette maladie importante à l’échelle internationale. L’objectif de MMV est de promouvoir la découverte et la mise au point de médicaments contre la malaria en investissant des fonds provenant du secteur public aux fins du développement de médicaments. MMV espère enregistrer un nouveau médicament contre la malaria tous les cinq ans à compter de 2010.

Albert B. Sabin Vaccine Institute — 18 millions $

Le Sabin Vaccine Institute a reçu une subvention de 18 millions $ pour travailler en partenariat avec le laboratoire médical d’helminthologie de l’Université Yale en vue de la mise au point d’un vaccin contre l’ankylostome. On utilisera le vaccin en conjugaison avec des méthodes et des médicaments plus traditionnels pour diminuer l’incidence de l’infection par l’ankylostome, une des principales causes d’anémie et de malnutrition à l’échelle mondiale.



La fondation Bill & Melinda Gates consacre 168 millions de dollars pour lutter contre le paludisme
septembre 25, 2008, 10:53
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Bill Gates a annoncé aujourd’hui que la Fondation Bill & Melinda Gates verserait 168 millions de dollars US au PATH pour son Malaria Vaccine Initiative, en vue du développement de vaccins contre le paludisme – une maladie qui tue plusieurs milliers d’enfants en Afrique chaque jour.

La Malaria Vaccine Initiative (MVI) du PATH est sur le point de commencer des essais cliniques avancés avec GlaxoSmithKline Biologicals pour développer un vaccin candidat de première génération, appelé RTS,S, qui pourrait devenir le premier vaccin de l’histoire à être homologué dans la lutte contre le paludisme. Grâce à l’aide annoncée aujourd’hui, la MVI constituera un nouveau pipeline de vaccins candidats afin de fournir une protection plus importante et plus durable encore.

« J’ai bon espoir que le vaccin anti-paludisme actuellement en cours d’essais avancés fera la preuve de son efficacité, mais cela n’est qu’une première étape », a déclaré M. Gates, co-président de la Fondation Gates. « Le temps est venu aujourd’hui d’accélérer la recherche sur une nouvelle génération de vaccins, encore plus efficaces et qui pourront peut-être un jour contribuer à éradiquer définitivement le paludisme. »

M. Gates a annoncé ce nouveau financement lors du Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unies sur le paludisme, qui rassemblait chefs d’État, chefs d’entreprise, hauts responsables de l’ONU et autres leaders. Ce sommet a également vu le Roll Back Malaria Partnership lancer son Plan d’action mondial contre le Paludisme (Global Malaria Action Plan). L’aide accordée par la Fondation Gates et les autres engagements des donateurs rendus publics aujourd’hui visent à contribuer à la mise en œuvre des principaux éléments de cette stratégie.

Une aide en faveur de la recherche sur une nouvelle génération de vaccins contre le paludisme

L’aide apportée par la Fondation Gates profitera aux efforts de la MVI pour étoffer son pipeline de vaccins en développement et y ajouter des projets allant de la recherche fondamentale en laboratoire aux essais cliniques les plus avancés. La MVI travaillera avec ses partenaires pour découvrir de nouveaux antigènes et adjuvants susceptibles de déboucher sur des vaccins plus efficaces et développer de nouveaux outils de sélection des candidats au développement les plus prometteurs.
 
La MVI œuvrera également en faveur d’un marché plus concurrentiel dans le domaine des vaccins et veillera à ce que les futurs produits soient à la portée des pays en développement. Elle procèdera pour cela à des études de marché, prévisions de la demande et études de modélisation pour orienter le choix des décideurs et des laboratoires. Elle s’associera enfin aux fabricants des pays en développement pour assurer une production à bas coût.

« Ces nouveaux financements témoignent du bien-fondé de notre stratégie de recherche et développement et de la qualité de nos équipes », a déclaré le Dr Christian Loucq, Directeur de la MVI. « Cet engagement doit servir de signal aux partenaires potentiels de la recherche : le temps est venu de travailler avec nous pour contribuer à vaincre cette terrible maladie. Nous avons déjà augmenté le nombre de nos partenaires et sommes entrés dans des accords de collaboration sur les composants d’un vaccin et les manières d’accroître leur puissance, ainsi que les méthodes pour examiner leur activité biologique. »

« Notre stratégie de développement d’un vaccin préventif contre le paludisme suit la démarche du PATH pour les maladies négligées, qui a montré que l’investissement dans les principaux domaines de la recherche et du développement, et en particulier dans la technologie des vaccins, débouchait bien sur des avancées majeures », a souligné le Dr Christopher Elias, Président et Directeur exécutif du PATH. « Notre initiative de la MVI du PATH est désormais en mesure d’accélérer le développement de ce qui fait le plus cruellement défaut à travers le monde : des vaccins sans danger, efficaces et abordables pour réduire les souffrances causées par le paludisme. »

L’aide correspond à l’une des principales priorités définies par le nouveau Plan d’action mondial contre le Paludisme, annoncé aujourd’hui par le Roll Back Malaria Partnership. Il définit une stratégie internationale unifiée pour la lutte contre la pandémie, ainsi qu’un plus grand recours aux outils modernes et à la recherche sur les vaccins, entre autres nouvelles technologies de contrôle du paludisme.

« Le Plan d’action mondial contre le Paludisme est un formidable argument en faveur d’un investissement accru dans la lutte contre cette maladie », a déclaré M. Gates. « Si nous avons la possibilité de sauver des millions de vies et que nous disposons d’une feuille de route clairement définie pour y arriver, alors passer à l’action devient une obligation. Nous nous engageons à venir en aide à une série d’initiatives pour faire de ce Plan d’action une réalité : l’aide apportée aujourd’hui n’est qu’une première étape. »

Nouveaux succès dans le contrôle du paludisme en Zambie et Éthiopie

M. Gates a salué les nouveaux chiffres communiqués la semaine dernière par l’OMS dans son Rapport mondial sur le Paludisme, qui montrent des progrès encourageants dans plusieurs pays d’Afrique jusqu’en 2006. Il a également présenté des données plus récentes venues de Zambie et d’Éthiopie, qui attestent de l’efficacité des programmes engagés et à grande échelle dans la lutte contre le paludisme.

Le ministère de la Santé de Zambie a noté cette semaine que depuis 2006, les efforts de contrôle du paludisme ont contribué à réduire la prévalence du parasite du paludisme parmi les enfants de 50 %. Depuis 2002, le pourcentage de foyers ayant au moins une moustiquaire imprégnée par une vaporisation d’insecticide a augmenté de 14 % à 60 %, et les campagnes de lutte contre le paludisme ont permis de réduire la mortalité infantile de 29 %.

Récemment ce mois-ci, le programme éthiopien de contrôle du paludisme a annoncé avoir atteint près de 70 % des foyers dans les zones à haut risque et distribué au moins une moustiquaire imprégnée et/ou procédé à une vaporisation d’insecticide à effet rémanent. Le traitement antipaludéen par artémisinine en association est désormais disponible dans tous les centres de soins à travers le pays.

« Ces bonnes nouvelles venues d’Éthiopie et de Zambie prouvent que des progrès extraordinaires peuvent être faits dans la lutte contre le paludisme, même dans les milieux les plus pauvres ou les plus reculés », a souligné M. Gates. « En nous inspirant de ces réussites et en les reproduisant à travers le monde, nous pouvons sauver plusieurs millions de vies. »

L’Éthiopie et la Zambie sont partenaires du MACEPA (Malaria Control and Evaluation Partnership in Africa), partenariat membre du PATH et financé par la Fondation Gates.



2006, année record pour les dons des américains
juillet 26, 2007, 3:45
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Les Américains ont fortement augmenté leurs dons d’ordre philanthropique en 2006. Ceux-ci ont atteint le chiffre record de 295 milliards de dollars, d’après la fondation Giving USA.

Plus de 83 % de ce montant, soit 245,8 milliards de dollars, provenaient de particuliers et non pas d’entreprises ou de fondations, a dit le président de Giving USA, M. Richard Jolly, à l’USINFO.

Les Américains ont une longue tradition de philanthropie et de bénévolat. Il est clair, a-t-il dit, qu’il incombe aux pouvoirs publics de faire face à un sinistre et d’agir dans le domaine social, mais il est aussi évident que les Américains estiment qu’ils peuvent jouer un rôle en donnant beaucoup d’argent pour soutenir une cause particulière.

Selon le professeur Arthur Brooks, de l’université de Syracuse, qui est un spécialiste du mécénat, la générosité et le bénévolat constituent deux signes caractéristiques des Américains.

En 2006, les Américains ont donné 2,2 % de leur revenu moyen après impôt, soit plus que la moyenne des quarante dernières années (1,8 %). En effet, a dit le professeur Brooks à l’USINFO, on observe depuis cinquante ans une tendance à donner plus d’argent pour des raisons d’ordre philanthropique.

Pour sa part, M. Jolly a fait remarquer que 2005 avait été une année « atypique » à cause du nombre inhabituel de grands sinistres, notamment le tsunami en Asie, le tremblement de terre au Pakistan et les cyclones Katrina et Rita aux États-Unis. Si l’on compare le montant des dons sans rapport avec un sinistre en 2006 avec cette même catégorie de dons en 2005, on observe une forte augmentation, compte tenu de l’inflation, d’environ 3,2 %.

Les dons des entreprises ont diminué de 10,5 % en 2006 par rapport à l’année précédente ; ils ont atteint quelque 12,7 milliards de dollars, soit 4,3 % de l’ensemble des dons. Selon la fondation Giving USA, la raison de cette baisse tient en partie au fait que les entreprises avaient considérablement augmenté leurs contributions en 2005 pour venir en aide aux victimes des sinistres, mais que l’absence de catastrophes en 2006 ne les a pas incités à continuer sur cette tendance.

Les deux catégories les plus importantes de dons sont les dons à des églises et à des associations confessionnelles (32,8 % de l’ensemble de dons, soit 96,8 milliards de dollars) et les dons à des universités et autres établissements d’enseignement (13,9 %, soit 50 milliards). Parmi les autres grandes catégories figurent les dons à des fondations (12, 4 %, soit 36,5 milliards de dollars) et les dons à des associations caritatives (7,8 %, soit 22,9 milliards). C’est dans la catégorie des arts et de la culture, que l’on a observé l’augmentation la plus forte (6,5 %) des dons (4,3 %, soit 12,5 milliards de dollars).

Les dons de vaste ampleur et les petits dons

L’engagement du célèbre financier Warren Buffet à donner 30 milliards de dollars sur une période de vingt ans à la fondation Bill et Melinda Gates illustre une nouvelle tendance qu’il convient de suivre, selon M. Jolly. La première tranche du don de M. Buffet (1,9 milliard de dollars) et d’autres dons importants de riches Américains d’un montant de 2 milliards de dollars ont représenté un peu plus de 1 % de l’ensemble des dons en 2006.

M. Jolly a cependant fait remarquer que si ces dons de ce type étaient importants, 65 % des ménages américains dont le revenu était égal ou inférieur à 100.000 dollars faisaient des dons et que c’était grâce à eux que le montant total des contributions était si élevé.

En général, les Américains préfèrent donner leur argent par l’intermédiaire du secteur privé ou d’associations caritatives. Selon l’Institut Hudson de Washington, sur les 112,8 milliards de dollars de l’aide à l’étranger fournie par les Américains en 2005, 95,5 milliards (79 %) provenaient de fondations, de sociétés, d’associations caritatives et confessionnelles, d’universités et de particuliers.

Le rapport de la fondation Giving USA ne tient pas compte de la valeur de la contribution en temps et en travail des Américains. Plus de 61 millions d’Américains ont fait du bénévolat en 2006. Près de la moitié de tous les Américains participent à des activités de bénévolat tous les ans. Le bénévolat constitue « un grand phénomène culturel aux États-Unis », a fait remarquer le professeur Brooks